Définition
Femme qui refuse d’appliquer un mot d’ordre de grève ou qui remplace un gréviste.
Source : Wiktionnaire & rédaction LancerBusiness
En clair
Une briseuse de grève désigne une personne qui refuse de suivre un mouvement de grève ou qui accepte de remplacer un salarié gréviste pour maintenir l'activité de l'entreprise. Par exemple, si une usine est à l'arrêt et qu'une personne accepte d'effectuer les tâches des ouvriers absents, elle est qualifiée ainsi par les grévistes.
Étymologie
L'expression est la traduction littérale de l'anglais strikebreaker. Elle évoque l'action de rompre l'unité d'un mouvement collectif (le « bloc » des grévistes). Historiquement, le terme péjoratif de « jaune » était également très utilisé en France depuis la fin du XIXe siècle.
Exemples concrets
- Une salariée non-gréviste qui continue d'assurer ses fonctions habituelles malgré le mouvement social dans son service.
- Une entreprise qui tenterait de recruter des travailleurs temporaires pour pallier l'absence de ses salariés en grève (pratique strictement encadrée et souvent interdite).
Ne pas confondre avec…
Il faut distinguer la non-gréviste (salariée de l'entreprise qui exerce son droit de travailler) de la personne recrutée spécifiquement pour remplacer un gréviste. La seconde situation est illégale en France si elle repose sur des contrats précaires (CDD ou intérim).
Cadre légal et recommandations
En droit français, le droit de grève est une liberté constitutionnelle. Le Code du travail (articles L1242-6 et L1251-10) interdit formellement à un employeur de recruter des salariés en CDD ou de faire appel à l'intérim pour remplacer un salarié dont le contrat est suspendu en raison d'une grève. L'employeur peut toutefois réorganiser le travail avec les salariés non-grévistes déjà présents ou utiliser des CDI, sous certaines conditions strictes.
Cas pratiques notables
La Cour de cassation veille strictement à ce que l'employeur ne détourne pas la loi. Par exemple, elle a déjà sanctionné des entreprises ayant eu recours à la sous-traitance ou au transfert de tâches vers d'autres sites de manière abusive pour vider le droit de grève de sa substance.
Conseils pratiques
Pour un dirigeant de PME, la gestion d'une grève nécessite une grande prudence juridique. Il est crucial de ne pas tenter de « briser » la grève par des moyens illégaux (intérim, CDD de remplacement), sous peine de sanctions pénales et de dommages-intérêts. La priorité doit être donnée au dialogue social et à la consultation d'un avocat d'affaires ou d'un expert en droit du travail pour encadrer la réorganisation temporaire de l'activité.
Questions fréquentes
Un employeur peut-il obliger un non-gréviste à remplacer un gréviste ?
L'entreprise peut-elle embaucher en CDI pour remplacer des grévistes ?
À retenir
- Le remplacement de grévistes par des CDD ou intérimaires est illégal en France.
- Les non-grévistes ont le droit de travailler et l'employeur doit leur fournir du travail si possible.
- Le terme a une connotation sociale et syndicale très forte, souvent perçu comme une trahison au sein d'un collectif de travail.