Définition
Régime fiscal particulièrement favorable aux produits de la cession ou de la concession de brevets et d’autres droits de propriété intellectuelle.
Source : Wiktionnaire & rédaction LancerBusiness
En clair
Il s'agit d'un avantage fiscal permettant aux entreprises de payer moins d'impôts sur les revenus générés par leurs inventions. Au lieu du taux d'impôt sur les sociétés classique, les profits issus de la vente ou de la location (licence) de brevets et de logiciels sont taxés à un taux réduit de 10 %. Par exemple, une PME qui a breveté un nouveau moteur et qui reçoit des redevances d'un partenaire bénéficiera de cet impôt allégé sur ces gains spécifiques.
Étymologie
Le terme provient de l'association de « régime » (système de règles), « privilégié » (avantageux) et « brevets ». On l'appelle souvent IP Box (Intellectual Property Box) ou Patent Box à l'international, une expression imagée désignant une « boîte » fiscale séparée pour les revenus de la propriété intellectuelle.
Exemples concrets
- Une entreprise de biotechnologie qui concède une licence d'exploitation de son brevet à un laboratoire pharmaceutique mondial.
- Une start-up éditrice de logiciels originaux qui perçoit des revenus via la vente de ses droits de propriété intellectuelle.
Ne pas confondre avec…
Il ne faut pas confondre ce régime avec le Crédit d'Impôt Recherche (CIR). Le CIR réduit l'impôt en fonction des dépenses de recherche engagées (en amont), alors que le régime privilégié des brevets réduit l'impôt en fonction des bénéfices réalisés grâce à l'invention (en aval).
Cadre légal et recommandations
En France, ce dispositif est encadré par l'article 238 du Code général des impôts (CGI). Réformé en 2019 pour se conformer aux règles de l'OCDE (plan BEPS), il impose désormais la règle du Nexus : l'avantage fiscal est proportionnel aux dépenses de recherche et développement réellement réalisées par l'entreprise en France ou en Europe, plutôt qu'à celles sous-traitées à des entreprises liées.
Cas pratiques notables
La mise en conformité de la France avec les standards internationaux a été cruciale pour éviter que ce régime ne soit considéré comme une pratique fiscale dommageable par l'Union européenne. Les entreprises doivent désormais tenir une documentation très précise à disposition de l'administration fiscale pour justifier le calcul du ratio Nexus.
Conseils pratiques
Pour bénéficier sereinement de ce dispositif, maintenez une comptabilité analytique rigoureuse permettant d'isoler les dépenses de R&D liées à chaque actif. Le calcul du « ratio Nexus » est complexe et une erreur peut entraîner un redressement fiscal. Il est indispensable de se faire accompagner par un expert-comptable ou un avocat fiscaliste pour structurer votre documentation fiscale et justifier l'éligibilité de vos actifs.
Questions fréquentes
Le régime s'applique-t-il aussi aux logiciels ?
Est-ce automatique ?
Une petite entreprise peut-elle en bénéficier ?
À retenir
- Taux d'imposition réduit à 10 % sur les revenus nets de la propriété intellectuelle.
- Concerne les brevets, les certificats d'utilité et les logiciels protégés par le droit d'auteur.
- L'avantage dépend du montant des dépenses de recherche effectuées directement par l'entreprise (Ratio Nexus).