Définition
Forme de racisme qui résulte du fonctionnement même des institutions, des lois, des politiques publiques et des pratiques sociales, produisant et reproduisant des inégalités systématiques entre groupes selon leur origine ou leur appartenance raciale, indépendamment des intentions individuelles.
Source : Wiktionnaire & rédaction LancerBusiness
En clair
Le racisme structurel désigne un système où les règles, les habitudes ou le fonctionnement d'une organisation (entreprise, administration, État) créent des inégalités pour certaines personnes en fonction de leur origine, même si personne n'a l'intention d'être méchant ou discriminatoire. Par exemple, si une entreprise ne recrute que dans des écoles très chères et peu accessibles aux minorités, elle pratique sans le vouloir une forme de sélection qui exclut certains profils de manière systématique.
Étymologie
Le terme provient de la sociologie et des théories des droits civiques aux États-Unis (structural racism) dans les années 1960-70. Il s'est diffusé en France pour expliquer que le racisme n'est pas seulement une affaire de comportements individuels isolés, mais peut être inscrit dans le fonctionnement de la société et de ses institutions.
Exemples concrets
- Une entreprise qui recrute uniquement par cooptation (le réseau des salariés actuels), ce qui tend à reproduire le même profil sociologique et à exclure les candidats issus de la diversité.
- L'utilisation d'algorithmes de tri de CV qui, basés sur des données historiques biaisées, écartent automatiquement des candidats habitant dans certains quartiers.
- L'absence de dispositifs de mentorat pour les minorités, créant un « plafond de verre » qui bloque l'accès aux postes de direction.
Ne pas confondre avec…
Il est souvent confondu avec le racisme individuel (actes ou paroles volontaires d'une personne). Le racisme structurel est plus large : c'est la « machine » qui produit l'inégalité, indépendamment de la volonté des individus. On parle aussi de racisme systémique, terme souvent employé comme synonyme pour souligner que le problème traverse tous les systèmes de la société (éducation, logement, emploi).
Cadre légal et recommandations
En France, la discrimination est régie par l'article L. 1132-1 du Code du travail et l'article 225-1 du Code pénal. La loi interdit toute distinction basée sur l'origine, l'appartenance à une ethnie ou une nation. Le RGPD encadre strictement la collecte de données dites « sensibles » (origines raciales ou ethniques), ce qui rend complexe la mesure statistique du racisme structurel en entreprise sans l'accord de la CNIL.
Cas pratiques notables
Les campagnes de « testing » (envois de CV identiques avec des noms différents) menées par l'État ou des associations ont régulièrement mis en évidence des discriminations systémiques dans l'accès à l'emploi et au logement, menant à des recommandations pour anonymiser les recrutements ou former les recruteurs aux biais cognitifs.
Conseils pratiques
Pour une TPE ou PME, la lutte contre le racisme structurel passe par l'objectivation des critères de recrutement : définissez des compétences précises plutôt que de recruter « au feeling ». Diversifiez vos sources de sourcing (écoles, plateformes, associations). Pour les décisions de restructuration ou de politique RH majeure, l'accompagnement par un consultant en diversité ou un avocat spécialisé est fortement recommandé pour éviter tout risque de discrimination indirecte.
Questions fréquentes
Une entreprise peut-elle être accusée de racisme structurel sans dirigeant raciste ?
Est-il légal de faire des statistiques ethniques pour corriger cela ?
À retenir
- C'est un phénomène collectif et organisationnel, pas seulement individuel.
- Il se manifeste par des processus qui semblent neutres mais qui défavorisent certains groupes.
- Lutte contre ce racisme nécessite de revoir les procédures internes (recrutement, promotion).