Définition
Action de dissimuler la provenance d’argent acquis de manière illégale afin de le réinvestir dans des activités légales.
Source : Wiktionnaire & rédaction LancerBusiness
En clair
Le blanchiment d'argent est une technique consistant à dissimuler l'origine illégale de fonds (argent issu de trafics, de fraude fiscale ou de corruption) pour les réinjecter dans l'économie légale. Par exemple, un commerçant peut déclarer des revenus fictifs issus de ventes imaginaires pour justifier l'arrivée d'argent liquide provenant d'une activité criminelle.
Étymologie
L'expression trouverait son origine dans les années 1920 aux États-Unis : Al Capone et d'autres mafieux auraient investi dans des chaînes de laveries automatiques (laundromats) pour y mélanger l'argent sale issu de la prohibition avec les recettes légales en pièces de monnaie, rendant l'origine des fonds intraçable.
Exemples concrets
- Le secteur de l'immobilier : Acheter un bien avec des fonds occultes puis le revendre pour récupérer un capital qui semble propre.
- Le « schtroumpfage » (smurfing) : Diviser une grosse somme d'argent sale en de nombreux petits dépôts bancaires pour ne pas déclencher les alertes automatiques des banques.
- Le commerce de proximité : Gonfler artificiellement le chiffre d'affaires d'une entreprise qui brasse beaucoup d'espèces (restauration, salons de coiffure).
Ne pas confondre avec…
Il ne faut pas confondre le blanchiment avec la fraude fiscale. La fraude fiscale consiste à ne pas payer l'impôt sur de l'argent gagné légalement, tandis que le blanchiment consiste à masquer l'origine d'un argent gagné illégalement. On le distingue aussi du financement du terrorisme, où l'origine des fonds peut être légale mais la destination est criminelle.
Cadre légal et recommandations
En France, le dispositif LCB-FT (Lutte Contre le Blanchiment et le Financement du Terrorisme) est régi par le Code monétaire et financier. Il impose aux banques, assureurs, agents immobiliers et experts-comptables une obligation de vigilance et de déclaration de soupçon auprès de TRACFIN. Au niveau européen, plusieurs directives harmonisent ces règles pour tous les États membres.
Cas pratiques notables
La jurisprudence française condamne régulièrement des établissements bancaires pour manquement à leur obligation de vigilance (défaut de surveillance des comptes de clients aux flux atypiques). Des affaires célèbres dites de « biens mal acquis » ont également permis la saisie de patrimoines immobiliers achetés en France avec des fonds publics détournés à l'étranger.
Conseils pratiques
Pour les chefs d'entreprise et les indépendants, il est crucial d'appliquer le principe KYC (Know Your Customer) : vérifiez toujours l'identité de vos clients importants et l'origine des fonds lors d'opérations exceptionnelles. Mettez en place des procédures de contrôle interne et formez vos collaborateurs aux signaux d'alerte. Pour sécuriser vos opérations complexes (levées de fonds, cessions), sollicitez systématiquement l'accompagnement d'un expert-comptable ou d'un avocat spécialisé.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que TRACFIN ?
Un dirigeant de PME peut-il être complice sans le savoir ?
Quelles sont les sanctions ?
À retenir
- Le but est de donner une apparence honnête à des profits criminels.
- Les professionnels (banquiers, comptables, notaires) sont légalement obligés de surveiller les transactions suspectes.
- Le blanchiment se décompose souvent en trois étapes : le placement, l'empilement (multiplication des transactions) et l'intégration.