Définition
Travailleur ayant une faible probabilité de rejoindre un jour le groupe privilégié des travailleurs en place, même en proposant une embauche à un salaire inférieur à celui perçu par ces derniers.
Source : Wiktionnaire & rédaction LancerBusiness
En clair
Un travailleur en marge désigne une personne qui reste exclue des emplois stables et protégés (le "cœur" du marché du travail), malgré sa volonté de travailler. Même si cette personne propose ses services à un prix inférieur à celui des salariés déjà en poste, elle peine à obtenir un contrat durable à cause de barrières structurelles ou réglementaires. Par exemple, un jeune diplômé qui enchaîne des stages ou des missions d'intérim sans jamais accéder à un CDI dans une grande entreprise est considéré comme étant en marge.
Étymologie
Le terme provient de la théorie économique dite "insider-outsider", développée dans les années 1980 par Assar Lindbeck et Dennis Snower. Le mot "marge" illustre la position périphérique de ces travailleurs par rapport au noyau central des salariés protégés (les "insiders").
Exemples concrets
- Un demandeur d'emploi de longue durée dont les compétences sont jugées obsolètes par les recruteurs, malgré ses efforts de formation.
- Un travailleur de l'économie des plateformes (livreur, chauffeur) qui ne bénéficie pas de la protection sociale et de la stabilité des salariés classiques de la logistique.
- Un intérimaire récurrent dans l'industrie qui n'est jamais intégré au personnel permanent malgré des années de présence.
Ne pas confondre avec…
Il ne faut pas confondre le travailleur en marge avec le travailleur pauvre : ce dernier a un emploi mais son revenu est insuffisant, alors que le travailleur en marge est défini par son exclusion d'un statut stable. Il se distingue aussi du chômeur frictionnel qui, lui, ne fait que transiter brièvement entre deux emplois sans être structurellement exclu.
Cadre légal et recommandations
En France, le cadre juridique tente de limiter cette marginalisation via le Code du travail, notamment par la limitation du recours aux CDD (contrats à durée déterminée) et à l'intérim pour des besoins permanents. Le SMIC (salaire minimum) joue également un rôle double : il protège le revenu mais empêche techniquement un travailleur en marge de proposer ses services à un coût très bas pour concurrencer les salariés en place.
Cas pratiques notables
Les décisions de la Cour de cassation concernant la requalification de contrats de prestations de services en contrats de travail (cas Uber ou Deliveroo) illustrent la lutte contre la marginalisation de certains travailleurs en leur offrant l'accès au statut protecteur de salarié.
Conseils pratiques
Pour une PME, il est important de surveiller le ratio entre travailleurs stables et travailleurs précaires (intérim, CDD courts) afin d'éviter de créer une culture d'entreprise à deux vitesses, ce qui peut nuire à la productivité globale. En cas de recours important à des prestataires externes, il est fortement recommandé de consulter un avocat d'affaires pour limiter les risques de requalification de contrat. Pour les demandeurs d'emploi, misez sur la formation certifiante pour sortir de la "marge" et rejoindre des secteurs en tension.
Questions fréquentes
Pourquoi les entreprises n'embauchent-elles pas les travailleurs en marge s'ils coûtent moins cher ?
L'ubérisation favorise-t-elle le travail en marge ?
À retenir
- Désigne les exclus des emplois stables (les "outsiders").
- Lié à la dualité du marché du travail (emplois protégés vs emplois précaires).
- La baisse du salaire ne suffit souvent pas à briser la barrière d'entrée vers l'emploi stable.