Définition
Différence de prix entre les produits et services étiquetés pour femme et ceux étiquetés pour homme, au détriment des consommatrices.
Source : Wiktionnaire & rédaction LancerBusiness
En clair
La « taxe rose » n'est pas un impôt prélevé par l'État, mais une pratique commerciale qui consiste à vendre plus cher un produit ou un service destiné aux femmes qu'un équivalent destiné aux hommes. Par exemple, un rasoir jetable rose peut être vendu plus cher qu'un rasoir bleu, alors que leurs caractéristiques techniques sont identiques.
Étymologie
Traduction de l'anglais « pink tax », le terme est apparu aux États-Unis dans les années 1990. Il s'est diffusé en France au milieu des années 2010, porté par des collectifs citoyens dénonçant les inégalités de pouvoir d'achat liées au marketing de genre.
Exemples concrets
- Les produits d'hygiène : rasoirs, gels douche ou déodorants dont le packaging et le parfum sont marketés pour les femmes.
- Les prestations de services : un tarif de coiffure plus élevé pour une « coupe courte femme » que pour une « coupe homme » identique.
- Le pressing : le nettoyage d'un chemisier féminin parfois facturé plus cher que celui d'une chemise masculine, sous prétexte d'une manipulation plus délicate.
Ne pas confondre avec…
À ne pas confondre avec la taxe tampon, qui concernait spécifiquement le taux de TVA appliqué aux protections périodiques (longtemps taxées à 20 % comme des produits de luxe avant de passer à 5,5 %). La taxe rose est un écart de prix pratiqué par les marques ou les distributeurs, et non une décision fiscale de l'État.
Cadre légal et recommandations
En France, le principe de la liberté des prix (Code de commerce) prévaut, ce qui permet aux entreprises de fixer librement leurs tarifs. Cependant, le Code de la consommation et le principe de non-discrimination pourraient théoriquement être invoqués si un service est refusé ou surfacturé sur le seul critère du sexe sans justification objective.
Cas pratiques notables
En 2014, une enquête de la DGCCRF (Bercy) a conclu que les écarts de prix s'expliquaient souvent par des différences de composition, de volume de production ou de design, rendant la preuve d'une discrimination pure difficile à établir juridiquement. L'évolution des pratiques passe aujourd'hui davantage par la pression des associations de consommateurs que par les tribunaux.
Conseils pratiques
Pour les entreprises, il est recommandé de baser ses tarifs sur des critères objectifs (temps passé, coût des matières premières) plutôt que sur le genre. Une tarification transparente et unisexe constitue aujourd'hui un argument de vente éthique fort. Si vous souhaitez revoir votre grille tarifaire, un expert-comptable ou un consultant en stratégie peut vous aider à calculer vos coûts de revient sans discriminer vos segments de clientèle.
Questions fréquentes
Est-ce que la taxe rose est illégale ?
Comment repérer la taxe rose en magasin ?
À retenir
- C'est un surcoût marketing et non un impôt officiel.
- Elle concerne aussi bien les produits de grande consommation que les services (coiffure, pressing).
- Elle est de plus en plus évitée par les marques qui adoptent des packagings et tarifs unisexes.