Définition
État dans lequel les travailleurs continuent à occuper leurs emplois tout en étant désengagés émotionnellement et en ressentant une déconnexion de leur travail. Cela se caractérise par un manque de motivation, une fatigue accrue et une perte d'intérêt pour les tâches professionnelles.
Source : Wiktionnaire & rédaction LancerBusiness
En clair
Le ressentéisme est le fait de rester physiquement à son poste de travail tout en éprouvant un profond mécontentement et un désengagement émotionnel vis-à-vis de son entreprise. Contrairement à quelqu'un qui démissionne, le salarié reste pour des raisons de sécurité financière, mais il manifeste son amertume ou son manque d'intérêt. Par exemple, un collaborateur qui se voit refuser une promotion et qui, par dépit, se contente de faire le strict minimum tout en diffusant sa mauvaise humeur au sein de l'équipe.
Étymologie
Il s'agit d'un néologisme (mot-valise) construit à partir de ressentiment et présentéisme. Le terme s'est popularisé dans les milieux RH après la période de la "Grande Démission" pour décrire ceux qui restent dans leur emploi par nécessité mais avec une attitude négative.
Exemples concrets
- Un salarié qui, après une réorganisation interne qu'il juge injuste, cesse toute prise d'initiative et critique systématiquement la direction devant ses collègues.
- Une employée dans une PME qui se sent sous-payée et, faute de trouver un autre emploi, reste à son poste en affichant une fatigue constante et un désintérêt total pour les objectifs du service.
Ne pas confondre avec…
Le ressentéisme se distingue du quiet quitting (démission silencieuse) par la dimension émotionnelle : là où le quiet quitter fait son travail correctement sans en faire plus, le ressentéiste éprouve une réelle amertume qui peut nuire au climat social. Il diffère aussi du présentéisme classique, qui consiste à être présent en étant malade ou inefficace sans forcément être en conflit moral avec l'entreprise.
Cadre légal et recommandations
En droit français, le ressentéisme touche à l'obligation de sécurité de l'employeur (Article L4121-1 du Code du travail) concernant la santé mentale des salariés. Un désengagement massif lié à un mauvais climat de travail peut être qualifié de risque psychosocial (RPS). L'employeur a le devoir de prévenir ces risques sous peine de voir sa responsabilité engagée.
Cas pratiques notables
Il n'existe pas de jurisprudence spécifique au terme "ressentéisme", mais les tribunaux traitent régulièrement des cas de souffrance au travail ou de manquement à l'obligation de loyauté du salarié si son attitude devient ouvertement dénigrante pour l'entreprise.
Conseils pratiques
Pour un dirigeant ou manager, il est crucial d'ouvrir un espace de dialogue dès les premiers signes de désengagement. Réévaluer la charge de travail, clarifier les perspectives d'évolution ou simplement reconnaître les efforts fournis peut désamorcer le ressentiment. Si la situation s'installe, l'intervention d'un médiateur ou d'un conseil en ressources humaines est fortement recommandée pour éviter la dégradation du climat social.
Questions fréquentes
Comment détecter le ressentéisme dans mon équipe ?
Le ressentéisme peut-il être un motif de licenciement ?
À retenir
- Mélange de présence physique et d'amertume psychologique.
- Risque de contagion de la démotivation au reste de l'équipe.
- Souvent causé par un manque de reconnaissance ou un sentiment d'injustice.