Définition
Déni ou minimisation de la contribution des femmes dans la recherche scientifique.
Source : Wiktionnaire & rédaction LancerBusiness
En clair
L'effet Matilda désigne le phénomène par lequel les découvertes et les travaux des femmes scientifiques sont minimisés, ignorés ou attribués à leurs collègues masculins. Par exemple, lorsqu'une chercheuse réalise une percée majeure mais que seul son directeur de laboratoire reçoit une distinction prestigieuse pour ce travail, on parle d'effet Matilda.
Étymologie
Le terme a été forgé en 1993 par l'historienne des sciences Margaret W. Rossiter. Elle l'a nommé ainsi en hommage à Matilda Joslyn Gage, une militante féministe et abolitionniste américaine du XIXe siècle qui avait été l'une des premières à dénoncer la spoliation intellectuelle dont étaient victimes les femmes de son époque.
Exemples concrets
- Rosalind Franklin : Sa contribution cruciale à la découverte de la structure de l'ADN via ses clichés de rayons X a longtemps été occultée au profit de ses collègues Watson et Crick.
- Lise Meitner : Physicienne ayant joué un rôle central dans la découverte de la fission nucléaire, elle n'a pas été associée au prix Nobel de chimie 1944 attribué à son collaborateur Otto Hahn.
- Jocelyn Bell Burnell : Elle a découvert les pulsars en 1967, mais le prix Nobel de physique 1974 a été remis à son directeur de thèse.
Ne pas confondre avec…
Il ne doit pas être confondu avec le plafond de verre, qui désigne les obstacles à la progression de carrière. L'effet Matilda concerne spécifiquement la reconnaissance du mérite et de la propriété intellectuelle. Il est souvent présenté comme le pendant sexiste de l'effet Mathieu, un concept sociologique selon lequel les chercheurs déjà célèbres reçoivent proportionnellement plus de crédit que les chercheurs moins connus pour un travail identique.
Cadre légal et recommandations
En France, la lutte contre les discriminations de genre s'appuie sur le Code du travail (égalité de traitement) et la Loi Rixain (2021) pour la parité dans les instances dirigeantes. Dans le domaine de la recherche, les contrats de collaboration et de propriété intellectuelle encadrent théoriquement l'attribution des brevets et des publications, mais la reconnaissance symbolique (prix, citations) échappe souvent à la régulation stricte.
Cas pratiques notables
Bien qu'il n'y ait pas de jurisprudence nommée d'après l'effet Matilda, de nombreuses institutions scientifiques internationales (comme le CNRS ou les Académies des Sciences) adoptent désormais des chartes de parité et des comités d'éthique pour s'assurer que la contribution de chaque chercheur, quel que soit son sexe, soit correctement créditée dans les publications et les prix.
Conseils pratiques
Pour limiter ce biais dans une organisation, il est conseillé de formaliser dès le début d'un projet les règles de signature des travaux et de partage de la propriété intellectuelle. L'utilisation de grilles d'évaluation objectives lors des entretiens annuels et des comités de promotion aide également à réduire les biais de genre. Pour toute mise en place d'une politique d'égalité professionnelle, il est recommandé de consulter un expert en ressources humaines ou un avocat spécialisé en droit social.
Questions fréquentes
L'effet Matilda est-il un concept juridique ?
L'effet Matilda existe-t-il aussi en entreprise ?
À retenir
- C'est une forme de sexisme systémique dans le milieu intellectuel et scientifique.
- Il entraîne une invisibilisation historique des femmes et un manque de modèles féminins pour les générations futures.
- Il impacte directement la carrière des chercheuses en limitant leur accès aux financements et aux promotions.