Définition
Ensemble de comportements et d’attitudes partagés au sein d’une société donnée qui minimisent, normalisent voire encouragent le viol et la violence sexuelle.
Source : Wiktionnaire & rédaction LancerBusiness
En clair
La culture du viol désigne un environnement social où les violences sexuelles sont minimisées, banalisées ou justifiées par des comportements quotidiens. Par exemple, au sein d'une entreprise, cela se manifeste lorsqu'on excuse le comportement déplacé d'un collaborateur performant en disant que « c'est sa personnalité » ou qu'il « plaisante ».
Étymologie
Traduction du concept anglophone « rape culture », apparu aux États-Unis dans les années 1970 au sein des mouvements féministes de la deuxième vague. Il visait initialement à démontrer que le viol n'est pas qu'un acte isolé mais le produit d'un système de représentations sociales.
Exemples concrets
- La diffusion de blagues sexistes ou de contenus à caractère sexuel non sollicités dans les boucles de messagerie professionnelles.
- Le « victim-blaming » (blâmer la victime), consistant à questionner la tenue vestimentaire ou le comportement d'une salariée ayant signalé un harcèlement.
- L'absence de sanctions réelles envers des cadres dirigeants malgré des signalements répétés de comportements inappropriés.
Ne pas confondre avec…
À ne pas confondre avec le sexisme ordinaire (préjugés sur les compétences selon le genre), bien que la culture du viol en soit une forme extrême et systémique centrée sur l'érotisation de la domination et la tolérance des violences sexuelles.
Cadre légal et recommandations
En France, le Code du travail (article L1153-1) interdit le harcèlement sexuel et les agissements sexistes. L'employeur a une obligation de sécurité : il doit prévenir les risques, y mettre fin et sanctionner les auteurs. La loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel (2018) impose également la désignation d'un référent harcèlement dans les CSE et les entreprises de plus de 250 salariés.
Cas pratiques notables
La Cour de cassation considère que l'employeur manque à son obligation de sécurité s'il n'engage pas de procédure disciplinaire immédiate après avoir eu connaissance de faits de harcèlement sexuel, même si ces faits n'ont pas été commis sur le lieu de travail mais lors d'événements liés à l'activité professionnelle (séminaires, pots de départ).
Conseils pratiques
Pour prévenir ce risque, il est recommandé de rédiger une charte de bonne conduite annexée au règlement intérieur et d'organiser des formations obligatoires pour les managers. En cas de signalement, déclenchez systématiquement une enquête interne neutre. Pour toute décision de licenciement ou sanction disciplinaire liée à ces motifs, l'accompagnement par un expert-comptable social ou un avocat spécialisé est indispensable pour éviter un risque de contentieux aux Prud'hommes.
Questions fréquentes
L'entreprise peut-elle être tenue responsable des agissements d'un salarié en dehors du bureau ?
Qu'est-ce que le sexisme dit 'ambiant' ?
À retenir
- Elle repose sur la normalisation de comportements toxiques qui précèdent ou accompagnent l'agression.
- Elle crée un climat d'insécurité qui nuit à la productivité et à la rétention des talents.
- La responsabilité légale de l'employeur peut être engagée en cas d'inaction ou de climat de travail hostile.