taxe d’expatriation

nom

Définition

Impôt compensatoire auquel peuvent être soumises les plus-values latentes constatées sur le patrimoine mobilier d’un contribuable qui transfère son domicile fiscal d’un État à un autre.

Source : Wiktionnaire & rédaction LancerBusiness

Avertissement : cette information est purement éducative. Elle ne remplace pas un conseil expert. Consultez votre conseiller pour toute question personnelle de business.

En clair

La taxe d'expatriation, plus connue sous le nom d'Exit Tax, est un impôt qui frappe les chefs d'entreprise ou investisseurs lorsqu'ils quittent la France. Elle vise à taxer les profits qu'ils réaliseraient s'ils vendaient leurs actions au moment de leur départ, même s'ils ne les ont pas encore vendues. L'objectif est d'empêcher quelqu'un de déménager dans un pays à faible fiscalité uniquement pour vendre ses parts sans payer d'impôts en France.

Étymologie

Le terme est la traduction française de l'anglicisme Exit Tax. Il est apparu dans le débat public français à la fin des années 1990 pour désigner les dispositifs de lutte contre l'évasion fiscale des contribuables fortunés. Le mécanisme actuel date de 2011.

Exemples concrets

  • Un fondateur de start-up dont les parts valent 2 millions d'euros décide de s'installer au Canada : il doit déclarer ses plus-values latentes à l'administration fiscale française avant son départ.
  • Un investisseur détenant 55 % du capital d'une PME familiale qui transfère sa résidence fiscale en Suisse.

Ne pas confondre avec…

À ne pas confondre avec l'impôt sur les plus-values mobilières classique, qui ne se déclenche que lors d'une vente réelle. L'Exit Tax est une taxation sur une vente fictive au moment du passage de la frontière. Elle se distingue aussi des prélèvements sociaux (CSG/CRDS), bien que ceux-ci soient également dus dans le cadre du calcul de l'Exit Tax.

Cadre légal et recommandations

En France, l'Exit Tax est régie par l'article 167 bis du Code général des impôts (CGI). Elle concerne les personnes ayant été résidentes fiscales françaises pendant au moins 6 ans au cours des 10 dernières années. Elle s'applique si le contribuable détient des titres d'une valeur totale supérieure à 800 000 € ou s'il détient au moins 50 % du capital d'une société.

Cas pratiques notables

L'arrêt Lasteyrie du Saillant (2004) de la Cour de justice de l'Union européenne a marqué un tournant : il a contraint la France à assouplir le dispositif pour respecter la liberté d'établissement. Depuis, un sursis de paiement automatique est accordé si le départ se fait vers un pays de l'Union européenne, l'Islande, la Norvège ou le Liechtenstein.

Conseils pratiques

Si vous prévoyez un départ à l'étranger, l'anticipation est la clé. Vous devez remplir un formulaire spécifique (n° 2074-ET) l'année suivant votre départ. Ne négligez pas les obligations déclaratives annuelles qui perdurent même après votre expatriation pour maintenir le sursis de paiement. Étant donné la complexité des calculs et des conventions internationales, l'accompagnement par un avocat fiscaliste ou un expert-comptable spécialisé est indispensable pour éviter un redressement fiscal majeur.

Questions fréquentes

Dois-je payer le chèque immédiatement en partant ?
Pas forcément. Si vous partez dans un pays de l'UE ou un pays ayant une convention d'assistance fiscale avec la France, le sursis de paiement est automatique ou sur demande. Vous ne paierez que si vous vendez vos titres plus tard. Consultez un avocat fiscaliste pour sécuriser votre situation.
L'Exit Tax concerne-t-elle l'immobilier ?
Non, elle vise essentiellement les droits sociaux, actions et parts de sociétés. Les biens immobiliers restent soumis à la fiscalité de leur lieu de situation.
Que se passe-t-il si la valeur de mes actions baisse après mon départ ?
Il est possible d'obtenir un dégrèvement ou une restitution si la plus-value réelle au moment de la vente est inférieure à celle calculée lors du départ. Un expert-comptable peut vous aider à ajuster vos déclarations.

À retenir

  • Elle concerne principalement les patrimoines mobiliers (actions, parts sociales) importants.
  • Le paiement est souvent différé (sursis) tant que les titres ne sont pas réellement vendus.
  • L'impôt est définitivement annulé si le contribuable conserve ses titres pendant un certain délai (2 ou 5 ans selon les cas) ou s'il revient en France.

Synonymes & Antonymes

Synonymes

Exit Tax impôt sur les plus-values latentes