Définition
Tendance à prendre pour critères les seules valeurs de la société ou du groupe social auquel on appartient.
Source : Wiktionnaire & rédaction LancerBusiness
En clair
Le socio-centrisme est un biais de perception qui consiste à placer les valeurs, les codes et les habitudes de son propre groupe social au centre de tout. En entreprise, cela revient à penser que les besoins et les envies de ses clients ou collaborateurs sont forcément identiques aux siens ou à ceux de son entourage immédiat. Par exemple, un chef d'entreprise urbain qui concevrait un service uniquement utilisable avec une connexion fibre, oubliant que ses clients en zone rurale n'y ont pas tous accès.
Étymologie
Composé du préfixe « socio- » (du latin socius, signifiant compagnon ou associé) et de « centrisme » (du latin centrum, le centre). Le terme s'est popularisé en sociologie pour décrire une forme collective d'égocentrisme, où le groupe remplace l'individu comme point de référence unique.
Exemples concrets
- Marketing : Une marque de cosmétiques qui développe des produits exclusivement basés sur les standards de beauté d'une classe sociale aisée, échouant ainsi à séduire une clientèle plus large.
- Ressources Humaines : Un recruteur qui ne sélectionne que des candidats issus de la même grande école que lui, convaincu que c'est le seul gage de compétence (phénomène d'entre-soi).
Ne pas confondre avec…
Le socio-centrisme se distingue de l'ethnocentrisme, qui se focalise sur la culture ou l'ethnie. Il diffère aussi de l'égocentrisme, car il s'agit d'un biais partagé par un groupe et non par une seule personne. On le confond parfois avec le corporatisme, qui est la défense d'intérêts professionnels spécifiques, alors que le socio-centrisme est une perception déformée de la réalité.
Cadre légal et recommandations
En droit du travail français, le socio-centrisme peut mener involontairement à des pratiques de discrimination. L'article L1132-1 du Code du travail interdit toute distinction basée sur l'origine sociale ou le lieu de résidence. Les entreprises doivent veiller à ce que leurs critères de recrutement ou de promotion soient objectifs et non basés sur une affinité sociale.
Cas pratiques notables
Bien que le socio-centrisme soit un concept sociologique, la jurisprudence sanctionne régulièrement ses conséquences, notamment la discrimination à l'embauche liée à l'adresse (discrimination géographique) ou au patronyme, souvent issus d'un biais socio-centré des recruteurs.
Conseils pratiques
Pour un dirigeant ou un indépendant, sortir de son socio-centrisme nécessite de confronter ses idées au « terrain ». Ne vous contentez pas de l'avis de vos proches ou de vos pairs. Utilisez des méthodes d'UX Research (recherche utilisateur) et entourez-vous de collaborateurs aux parcours variés. Pour toute question relative à la lutte contre les biais dans vos processus de recrutement, rapprochez-vous d'un avocat en droit social ou d'un conseil en RH.
Questions fréquentes
Le socio-centrisme est-il toujours volontaire ?
Comment le limiter en entreprise ?
À retenir
- C'est un « angle mort » qui empêche de comprendre les publics différents du nôtre.
- Il favorise l'entre-soi et limite l'innovation au sein des organisations.
- Il constitue un risque commercial majeur (mauvais ciblage marketing).