Définition
Philosophie politique libérale, demandant au pouvoir de ne pas intervenir, notamment dans le domaine économique.
Source : Wiktionnaire & rédaction LancerBusiness
En clair
Le « laissez-faire » est une doctrine économique qui soutient que l'État ne doit pas intervenir dans les affaires économiques des individus et des entreprises. Selon cette vision, le marché s'autorégule naturellement grâce à la libre concurrence et à la loi de l'offre et de la demande, sans besoin de subventions, de quotas ou de prix fixés par le gouvernement. Un exemple concret serait un marché où n'importe qui peut lancer son activité sans licence restrictive, le prix des services étant librement débattu entre le client et le prestataire.
Étymologie
L'expression est d'origine française. Elle remonterait à la fin du XVIIe siècle : le marchand Legendre aurait répondu au ministre Colbert, qui lui demandait comment l'aider, par la formule « Laissez-nous faire ». Elle a ensuite été adoptée par les économistes physiocrates et les libéraux classiques pour dénoncer le mercantilisme et le dirigisme d'État.
Exemples concrets
- Le marché des cryptomonnaies à ses débuts, fonctionnant sans autorité centrale ni régulation bancaire étatique.
- La suppression des barrières douanières entre deux pays (libre-échange), permettant aux entreprises de vendre leurs produits sans taxes d'importation.
Ne pas confondre avec…
À ne pas confondre avec le libéralisme politique, qui concerne les libertés individuelles et civiles, bien qu'ils soient souvent liés. Il se distingue aussi du capitalisme de connivence, où l'État favorise certaines entreprises par des aides, ce que le principe du laissez-faire rejette totalement.
Cadre légal et recommandations
En France, la liberté d'entreprendre et la liberté du commerce et de l'industrie sont des principes juridiques forts issus de la Révolution (loi Allarde de 1791) et reconnus par le Conseil constitutionnel. Toutefois, ce « laissez-faire » est encadré par le droit de la concurrence européen et national, qui interdit les monopoles abusifs ou les ententes illicites pour protéger le marché lui-même.
Cas pratiques notables
Le Conseil constitutionnel français (décision de 1982) a rappelé que la liberté d'entreprendre n'est ni générale ni absolue, et que l'État peut y apporter des limitations liées aux exigences constitutionnelles ou à l'intérêt général (protection des salariés, environnement, etc.).
Conseils pratiques
Pour un dirigeant d'entreprise, comprendre le principe du laissez-faire aide à saisir l'esprit de la concurrence libre et non faussée. Cependant, ne confondez pas « liberté du marché » et « absence de règles » : la conformité (RGPD, droit du travail, normes environnementales) est une obligation légale stricte. Avant de lancer un projet sur un marché dérégulé ou innovant, demandez conseil à un expert-comptable ou un avocat pour évaluer les risques de futures régulations.
Questions fréquentes
Le laissez-faire signifie-t-il l'absence totale de lois ?
Existe-t-il des pays pratiquant le pur laissez-faire ?
À retenir
- Principe de non-intervention de l'État dans l'économie.
- Confiance totale dans les mécanismes naturels du marché.
- Fondement de la liberté du commerce et de l'industrie.