Définition
Discrimination qui résulte du fonctionnement global d’un système social, économique ou institutionnel, dans lequel les règles, pratiques et interactions produisent collectivement des désavantages persistants pour certains groupes, même sans intention discriminatoire individuelle.
Source : Wiktionnaire & rédaction LancerBusiness
En clair
La discrimination systémique désigne un ensemble de règles, de comportements ou d'habitudes au sein d'une organisation qui, mis bout à bout, défavorisent certains groupes de personnes (en fonction de leur origine, sexe, handicap, etc.). Contrairement à la discrimination classique, elle n'est pas forcément volontaire : c'est le fonctionnement habituel de la structure qui crée l'injustice. Par exemple, si une entreprise ne recrute que par le bouche-à-oreille au sein d'un cercle très restreint, elle exclut de fait les candidats qui n'ont pas les mêmes réseaux sociaux.
Étymologie
Le terme provient de l'association de « discrimination » (du latin discriminatio, l'action de séparer) et de « systémique » (issu du grec sustēma, désignant un ensemble organisé). Le concept a émergé dans les années 1960 aux États-Unis, notamment dans les travaux sur les droits civiques, pour expliquer pourquoi des inégalités persistaient malgré l'abolition de lois ouvertement racistes.
Exemples concrets
- Une entreprise de technologie qui recrute uniquement dans des écoles d'ingénieurs très coûteuses, limitant ainsi l'accès aux candidats issus de milieux modestes.
- L'utilisation d'un algorithme de tri de CV qui écarte automatiquement les candidats ayant des interruptions de carrière, pénalisant statistiquement davantage les femmes qui ont pris des congés parentaux.
- Une politique de promotion interne basée sur la disponibilité en soirée, ce qui désavantage les parents isolés.
Ne pas confondre avec…
Il ne faut pas confondre la discrimination directe (un acte volontaire de rejet, comme refuser un candidat à cause de sa couleur de peau) avec la discrimination systémique (souvent appelée « discrimination indirecte » en droit), où une règle apparemment neutre produit un effet discriminatoire sur un groupe protégé.
Cadre légal et recommandations
En France, le Code du travail (article L1132-1) interdit toute forme de discrimination, directe ou indirecte. Le droit européen (notamment la Directive 2000/78/CE) impose également aux États membres de lutter contre les critères apparemment neutres qui désavantagent de manière disproportionnée certaines catégories de personnes. Le Défenseur des droits est l'autorité administrative compétente pour traiter ces questions en France.
Cas pratiques notables
La Cour de cassation a reconnu à plusieurs reprises des situations de discrimination indirecte, notamment concernant les travailleurs à temps partiel (majoritairement des femmes) privés de certains avantages sociaux. Les entreprises peuvent être condamnées si elles ne prouvent pas que leurs critères sont justifiés par un objectif légitime et proportionné.
Conseils pratiques
Pour prévenir ce risque, les dirigeants de PME et TPE doivent régulièrement auditer leurs critères de recrutement et d'évolution de carrière. Il est recommandé de formaliser les fiches de poste et de baser les promotions sur des compétences mesurables plutôt que sur des critères subjectifs. En cas de doute sur la conformité de vos processus, sollicitez un expert-comptable pour le volet social ou un avocat spécialisé en droit du travail pour sécuriser vos pratiques professionnelles.
Questions fréquentes
Une entreprise peut-elle être condamnée pour discrimination sans le faire exprès ?
Comment prouver une discrimination systémique ?
Le recrutement par cooptation est-il une discrimination systémique ?
À retenir
- Elle n'exige pas d'intention de nuire ou de volonté délibérée de discriminer.
- Elle résulte de l'application de normes ou de processus routiniers au sein d'une organisation.
- Elle se mesure souvent par l'observation statistique d'écarts de traitement ou de représentation.