Définition
Impôt du dixième des revenus dont furent frappés ceux qui ne prirent pas part à la .
Source : Wiktionnaire & rédaction LancerBusiness
En clair
La dîme saladine est un impôt exceptionnel créé en 1188 pour financer la troisième croisade. Il s'agissait de prélever 10 % (un dixième) des revenus et des biens meubles de chaque personne qui ne participait pas physiquement à l'expédition militaire. Par exemple, un commerçant médiéval resté en France devait verser au Trésor royal une part de ses stocks et de ses gains pour soutenir l'effort de guerre contre le sultan Saladin.
Étymologie
Le mot « dîme » vient du latin decima (la dixième partie). L'adjectif « saladine » fait référence au sultan Saladin, dont la prise de Jérusalem en 1187 a motivé la création de cet impôt par les rois de France et d'Angleterre afin de financer la reconquête de la ville sainte.
Exemples concrets
- Le prélèvement obligatoire de 10 % sur la valeur des récoltes et du bétail d'un agriculteur n'ayant pas pris la croix.
- La taxation des revenus des citadins et artisans, marquant l'une des premières fois où la richesse mobilière (argent, marchandises) était imposée, et non plus seulement la propriété foncière.
Ne pas confondre avec…
Elle se distingue de la dîme ecclésiastique habituelle : alors que cette dernière était une taxe annuelle et permanente destinée au clergé, la dîme saladine était une contribution de crise, ponctuelle et destinée à un but militaire spécifique. Elle diffère aussi des redevances seigneuriales traditionnelles qui étaient liées à l'usage de la terre.
Cadre légal et recommandations
Cet impôt a été instauré par l'Ordonnance de Philippe Auguste (1188) en France. Il est juridiquement notable car il a introduit le concept de la déclaration de revenus (sous serment) et de l'évaluation des biens par des commissions locales, posant les bases très lointaines des procédures de contrôle fiscal.
Cas pratiques notables
L'impopularité massive de cet impôt a forcé Philippe Auguste à l'abolir dès 1189 en France, après de nombreuses révoltes de la part de la noblesse et du peuple. Cette réaction a freiné pendant longtemps le développement d'une fiscalité directe d'État en France, au profit de systèmes de taxes indirectes.
Conseils pratiques
Historiquement, la dîme saladine montre que les besoins de financement de l'État (ou du souverain) s'adaptent à l'évolution de la richesse (du foncier vers le mobilier). Pour un dirigeant d'entreprise aujourd'hui, comprendre l'évolution des taxes permet de mieux anticiper les réformes fiscales. Pour toute stratégie d'optimisation ou de conformité, il est indispensable de faire appel à un avocat fiscaliste ou à un expert-comptable.
Questions fréquentes
La dîme saladine existe-t-elle encore ?
Qui contrôlait le paiement de cet impôt ?
À retenir
- C'est l'un des premiers impôts directs sur le revenu et les biens meubles de l'histoire française.
- Il représentait 10 % de la richesse des contribuables non-combattants.
- Il a marqué un tournant dans la gestion des finances publiques en cherchant à taxer la richesse produite plutôt que la simple possession de terres.